Grand maman

Elle n’a plus toutes ses dents, ses cheveux sont tous blancs, ma grand-maman
Ça n’l’empêche pas d’sourire, de marcher, de courir, quoique plus lentement
Elle a une bedaine, elle porte des bas d’laine, ma grand-maman
Mais elle va de l’avant tous les jours de la semaine de l’été au printemps

 

Ma grand-maman me fait tripper avec ses histoires ses projets ses idées. On
s’demande pas s’il faut l’écouter, quand grand-maman parle, on ne veut rien
oublier!

 

Elle a roulé sa bosse, sur le dos et des flots, elle en a eu huit
J’peux pas en dire du mal, des enfants, c’est normal, ça mange et puis ça fuit
Alors elle voyage chez les uns, chez les autres, pour amener partout
Du travail plein ses mains, du travail tôt le matin, et des baisers dans l’cou

 

Ma grand-mère aime son pain, elle le fait à la main, et comme il est bon
Qui y a goûté s’en souvient, on y pense, on a faim, d’imagination
Mais c’est quand elle raconte, qu’elle partage ses histoires, qu’elle allume le fourneau
On devient tout doré, et tout tendre en dedans, comme ses p’tits pains chauds

 

Un jour j’me dis qu’même, en parlant très fort, elle répondra plus
C’est triste ça m’fait mal, mais y a rien d’plus normal, alors j’y pense plus
L’important c’est qu’j’lui dise, que j’lui montre qu’elle est belle, qu’elle est vraie et qu’je l’aime
pour son rire, sa sagesse qui m’donnent envie de vivre au-delà de mes peines

 

Robert Gariépy – tous droits réservés