Les pionnes

Je chante pour toutes les pionnes qui travaillent sur l’échiquier
L’échiquier de certains hommes, en manque de féminité
Elles gagnent par l’oblique, jouent par devant, jamais derrière
Usées dans plusieurs tactiques, leur vie est un chant de guerre!

 

Elles font mieux que la jument qui saute toujours la clôture
Qui fait des grands hennissements et qui force sur l’allure
Mieux que la tour ses lignes droites toujours bloquée par une autre pièce
Ah, comment devenir adroite quand on a peur de ses fesses!

 

Les Pionnes sont bien mal aimées. Pourtant elles s’avancent les premières
Font face à l’adversité, au bout du jeu, les Pionnes se libèrent
Les Pionnes se libèrent. (Finale: du moins on l’espère)

 

Mieux que la folle noire ou blanche, qui vient de près, qui vient de loin
Elle reste toujours dans sa manche, la nudité, c’est pour la main
Mieux que la reine si précieuse, qu’on la garde pour la fin
Quand elle promène son importance, le roi reste seul dans son coin

 

Je ne suis pas un joueur d’échec, mais je constate et voit de loin
Que l’équipe qui s’échange des becs est celle qui s’amuse le mieux
L’amour vrai n’est pas un jeu, mais il lui faut bien des copains
Si les pièces du jeu roquent ensemble le roi peut mater heureux!

 

Robert Gariépy – tous droits réservés